Si c'est fou, c'est Liars
Publié mardi 4 juin 2013

En regardant les clips de Liars, nous nous sommes dit: "ces mecs-là sont complètement fondus". Alors nous avons décidé de les rencontrer pour en savoir plus. Ca tombait bien, puisqu'ils sont passés par le Cabaret Aléatoire le 30 mai dernier. Depuis bientôt 10 ans, Liars évolue dans un univers à la fois sombre et psyché. Découverte de ces gentils fous qui composent à l'instinct.

Présentez-vous

Aaron : on est les Liars. On est à Marseille et on est super content d’être là. Sinon nous sommes un groupe électronique composé de 3 membres. Nous venons de Los Angeles en Californie. Nous sommes en tournée en ce moment en Europe. Et si je devais décrire notre musique ? Je ne sais pas. Je dirais qu’elle est libre, je présume.

Votre univers est particulier. Sombre. Pourtant vous avez l’air plutôt sympas. Pourquoi cet univers ?

Aaron : pour le dernier album WIXIW (prononcez Wish you, ndlr), nous avons choisi d’utiliser plus de sonorités électroniques qu’à notre habitude. Du coup nous avons douté et créé dans l’incertitude. Notamment sur nos collaborations. Et ce processus s’en ressent  sur l’album de différentes manières, je pense.

Y’a-t-il un film, un livre ou un artiste qui vous ont influencé?

Julian : cette fois-ci il n’y en a pas vraiment eu. Au début de la composition nous sommes partis loin de L.A., en taxi. Dans un endroit isolé. Histoire de se vider la tête et commencer à travailler. Etre capable de se couper du monde. Nous adorons les livres, les films, mais ça n’a pas eu d’incidence directe sur notre travail.

En fait, vous appuyez plus sur votre environnement et votre vécu ?

Julian : le dernier album a été inspiré par les outils que nous avons utilisés. C’était vraiment nouveau pour nous. En essayant d’apprendre à les maîtriser nous avons expérimenté. De cette expérience est née WIXIW.

La schizophrénie semble être le thème redondant sur WIXIW. Notamment dans le clip No 1 Against The Rush, où l’on vous voit entrain de vous faire kidnapper par un psychopathe. Pourquoi ?

Aaron : pour la vidéo, nous avons fait appel à un mec, Todd, qui a dirigé la réalisation du clip. Nous lui avons donné carte blanche. Il devait seulement se baser sur ce que lui évoquait la chanson. C’est intéressant de voir le résultat. Les histoires que les gens s’inventent autour de notre musique. Je ne suis pas sûr que ce soit notre intention de départ. Mais nous restons ouverts à la réaction des auditeurs. Ça nous sert à trouver une manière de communiquer si nous essayons de trouver un concept pour l’album. Pour répondre à ta question à propos du processus de création, nous sommes toujours excités de relever des défis. Nous ne trouvions pas de concept. Et là, Todd nous en a donné un. Alors nous avons foncé !

CREDIT PHOTO: © François Guéry

E.P.




Justin Fouque : Backflip et autres figures
Publié mercredi 29 mai 2013

Justin Fouque, jeune rideur de 24 ans, est sans conteste l'un des meilleurs dans le BMX français. Pour This is (not) music, il a investi le parvis de la Cartonnerie afin de présenter une démo BMX dirt. Durant tout le week-end du 25-26 mai, lui et ses trois autres compatriotes (Bérenger Cordier, Romuald  Noirot, Nicolas Bertier) ont réalisés une série impressionnante de backflip, double tailwhip, 360°, frontflip, 720°, etc. Rencontre.

Quand as-tu commencé le BMX ?

Mon père m'a acheté un BMX quand j'avais 11 ans. A la base je savais pas du tout à quoi ça servait, j'allais au skate-park à côté de chez moi. Là-bas j'ai rencontré des gens qui en faisaient et du coup je m'y suis mis ! Ca fait 13 ans maintenant que j'en fais.

Comment es-tu passé pro ?

J'ai fait le FISE en amateur en 2006, j'ai fini troisième et du coup j'ai pu accéder à la catégorie pro l'année d'après. Après en France, être pro ça veut pas dire grand-chose : Je suis sponsorisé par Vans mais ça ne me permet pas d'en vivre.

Qu'est-ce que tu aimes dans le BMX ?

Faire des figures le haut plus possible, faire des gros sauts.

Ta plus grosse gamelle ?

Je me suis longé le ligament acromio-claviculaire lors d'une session. J'ai pas pu faire de vélo pendant trois mois.

Le meilleur spot que tu as ridé ?

En Californie au camp Woodward.

Ton meilleur souvenir ?

Quand j'ai fait un double back-flip au FISE en 2007.

Tes projets ?

Je viens de créer une association qui s'appelle Massilia Freestyle BMX avec Mickaël Zimbardo. On compte donner des cours de vélo aux enfants.

S.B

CREDIT PHOTO : © François Guery




Nemir : "On est dans un nouvel âge d'or du rap français"
Publié vendredi 24 mai 2013

Avec son flow qui claque, Nemir n'a rien à envier aux autres rappeurs. Bercé aux hip-hop depuis sa tendre enfance, il nous donne son avis sur la nouvelle scène du rap français.

Que penses-tu de la nouvelle scène du rap français ?

Je trouve qu’il y a énormément de talents qui émergent. On est dans un nouvel âge d’or du rap français. J’ai une vision très positive du rap actuelle.

Pourquoi ça marche ?

Il y a pas mal de facteurs. Le public avait besoin d’une nouvelle approche, de nouveaux acteurs. Je pense que le groupe 1995 a un peu montré la voix. C’est une question de conjoncture.

1995 utilisent pas mal de samples old school. La recette c’est faire du neuf avec du vieux ?

On n’invente rien, on réinvente. Après ce qui change par rapport au rap d’il y a 10 ans, c’est la diversité. Il y a ceux qui revisitent les morceaux de l’époque, ceux qui font des mélanges avec d’autres styles de musique, etc. Avoir le choix c’est ce qui fait la richesse du rap actuel.

Que penses-tu de Marseille ?

Moi qui suis de Perpignan, Marseille c’était un peu ma capitale du rap. Les groupes comme Fonky Family ou IAM m’ont beaucoup marqué et m’ont énormément influencé dans mon travail. Marseille c’est un exemple.  

Toujours aujourd’hui ?

Médiatiquement Marseille a beaucoup occupé l’espace pendant des années au niveau du rap. Mais il y a de plus en plus d'artistes qui viennent de province qui font parler d'eux. Comme Orelsan qui vient de Caen ou moi qui suis de Perpignan.

CREDIT PHOTO : © BOBY

S.B




Richard Leydier raconte sa Dernière Vague
Publié vendredi 24 mai 2013

Vous êtes déjà plus de 20 000 à avoir visité l'exposition La Dernière Vague. Depuis le début de This is (not) music, nous courrons après le commissaire pour qu'il nous raconte La Dernière Vague telle qu'il la perçoit. Richard Leydier, journaliste et critique d'arts  a enfin trouvé le temps de répondre à nos questions. 

Pourquoi avoir intitulé l’exposition La Dernière Vague ?

Pour plein de raisons. Tout d’abord, parce qu’il y a une tonalité mélancolique dans beaucoup d’œuvres de l’exposition. Tout ce qui est à voir avec l’idée d’une jeunesse perdue qu’on retrouve dans les photos de Ryan McGinley ou d’Hubert Marot. C’était l’idée qu’il y a un éternel retour entre la houle d’une vague, ou le mouvement pendulaire d’une rampe de skate. Quand on fait du surf et qu’on est dans l’eau, on se trouve tellement bien, qu’on n’a pas envie de voir arriver cette dernière vague. Quand je faisais du surf, le prof nous criait du bord « dernière vague ! » pour qu’on revienne, parce que le cours était fini. Mais nous, on ne voulait pas sortir de l’eau. On était trop bien.

Pourtant les vagues ne s’arrêtent jamais. Comment vous ressentez ce principe ?

Plus prosaïquement, la dernière vague, c’est la vague de la mort. Après c’est une façon de regarder l’exposition. On peut aussi la voir sous l’angle des plaisirs vivifiants de la glisse. Au mieux, il faut la visiter deux fois, en la regardant sous ses deux angles. Il y a une autre ligne qui court dans cette exposition : les chaussures. Mais ça, vous viendrez voir ce que ça donne.

Le message concret de cette exposition?

Contrairement à tout ce que je viens de dire, c’est vraiment une exposition sur le plaisir. C’est ce qu’on appelle dans la tradition ancienne le Memento Mori ou le Carpe Diem. C’est-à-dire qu’on prend connaissance de sa mortalité et sa finitude. Et justement en prenant conscience que cette dernière vague va arriver et on profite du moment présent.  Et c’est ça qu’elle raconte. Ce plaisir à surfer, à skater, à faire de la moto…

Qu’est-ce qui vous attire dans cette culture de la glisse ?

Ce sentiment de liberté qu’on peut avoir. Ce que je connais le plus, c’est le surf. Donc c’est le sentiment de liberté qu’on peut avoir. Même quand je skate à mon petit niveau. 

Un retour à l’enfance peut-être ?

Oui. Ou plutôt un prolongement.

58 artistes sont exposés. Comment avez-vous choisi ?

Par concertation. Ça fait 15 ans que je travaille dans le milieu de l’art contemporain, donc je sais déjà qui fait quoi. Après on a des surprises. Avant de travailler sur ce sujet, je ne savais pas que Vito Acconci travaillait là-dessus. Un Américain qui était un artiste phare de la performance à la fin des années 60. Il est devenu architecte depuis. Je ne savais pas qu’Acconci avait imaginé trois skates-park qu’il n’a jamais réalisé. Donc, en travaillant sur un sujet, on tire des ficelles et on tombe sur des artistes. Et puis, il y en a un autre qui vient avec. Par exemple Tom Sachs, qui a réalisé les deux rampes de skate en bronze, nous a envoyés sur Pat Mc Carthy qui fait des  sandwiches grillés sur sa mobylette. Voilà, c’est comme ça qu’on fait des recherches.

D’accord. Mais pourquoi eux plutôt que d’autres ?

Ils sont skateurs, surfeurs ou bikers, ça fait partie de leur ADN depuis l’adolescence. Ça transparaît dans leurs œuvres. On en a quelques-uns qui ne sont pas forcément issus de ce monde mais qui pratique occasionnellement. Et ils ont produit des choses qui étaient tellement justes avec le sujet, que je me suis dit, il faut les inviter.

La pièce devant laquelle vous vous émerveillez encore en la voyant ?

C’est difficile de me demander ça. Il y en a plusieurs. Notamment celles qui ont été faites ici. On a vu leur gestation en direct. Le bateau de Jay Nelson, qui a été construit ici pendant trois semaines. C’est un artiste californien qui a construit une sorte de coque de bois. C’est en fait un véhicule qui sert à vivre le surf en autarcie. C’est fait pour les dessinateurs-surfeurs. On l’a vu naître ici, à la Friche. On l’a vu soulevé à 30 mètres par une grue pour la passe sur le toit. On a tous retenu notre souffle. Et voilà, quand je passe devant, ça me fait quelque chose.

E .P.




La Femme dévoile ses dessous musicaux
Publié jeudi 23 mai 2013

La Femme nous a envoûté au Cabaret Aléatoire. Les six membres du groupe ont fait déferler leur surf-pop par vagues enjouées ou sombres. Pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Mais avant de festoyer, nous leur avons demander de se dévoiler en musique. Clémence Quélennec (le chanteuse) et Sacha Got (clavier) se confient et surprennent.

Le morceau qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Sacha : ce n’est pas un morceau précis. Il y en a plein. Ah si ! Quand j’étais jeune et que j’écoutais Nirvana. ça m’a donné envie de faire du rock, je crois.

Clémence : moi, c’était un groupe en particulier qui s’appelle Electrelane. C’est un groupe de filles plein de santé. C’est quelque chose qui m’a tout de suite tourné vers le synthé. Je faisais déjà du piano. Mais j’avais envie de faire comme elle : une voix, un synthé, puis c’est tout.

Le premier morceau que vous avez appris pour vous, tout seul ?

Sacha : justement, je me demande si ce n’est pas NirvanaSmell Like Teen Spirit . Sinon j’apprenais des morceaux de Brassens à la guitare. Mon père en chantait beaucoup. Genre Brave Margot . Les textes sont cools, après dans notre musique, ça ne se ressent pas du tout. Je pense que c’est un bon auteur français.

Clémence : ça devait être une étude sans nom. Genre étude 1.

Sacha : ouais, le truc chiant.

Clémence : ouais, un peu. Mais sinon, le premier où je me suis faite plaisir ? ça devait être les Beatles. Let It Be. Ça faisait partie des premières partitions que j’avais, qui ne faisait pas partie de mes cours.

Le morceau pour se réveiller le matin

Clémence : je n’écoute pas la musique le matin.

Sacha : c’est vrai qu’on n’en écoute pas trop le matin. La semaine dernière on était à Cannes. Pour se chauffer, on a écouté le morceau de Tom Jones. Le morceau qui est dans tous les films  en mode Pretty Women. Ou dans les scènes de shopping. Avec Cannes c’était parfait pour l’ambiance.

Clémence : sinon, il y a Caetono Velosso, aussi. C’est un Brésilien. C’est bien pour se réveiller ça.

Sacha : il faut écouter un truc qui sauce comme Hey ho Let’s Go des Ramones. C’est cool !

Le meilleur morceau pour s’envoyer en l’air

Sacha :  Sexe  de Line Renaud. Faut que vous écoutiez, c’est dans une compil. Et les paroles, c’est juste : « sexe ». Avec un saxophone. Parce que c’est le meilleur instrument pour baiser… à mon avis.

Clémence : les instrus de Gainsbourg, c’est bien

Sacha : genre Je t’aime moi non plus. Ça c’est cool, aussi. On avait fait un morceau qui s’appelait  X  et c’est un son en mode film de cul. Avec une grosse batterie. Pour le mec un peu véner…Si tu veux être cliché, c’est le saxophone qui faut écouter. C’est trop sexuel, en fait. On pourrait appeler ça, le sexophone.

Clémence : D’ailleurs, dans Electrelane, dans leur visuel, ils ont placé un saxo à la place de leur sexe. Elles bossent là-dessus, en ce moment.

L’artiste avec qui vous rêveriez de jouer

Sacha : euh… je ne sais pas… Patrick Sébastien ? A mon avis, tu te marres

Clémence : Ce serait rigolo qu’on ait l’occasion de le rencontrer. Ça arrivera peut-être un jour.

Nous nous attendions à tous sauf à Patrick Sébastien. Pourquoi lui ?

Sacha : parce que c’est festif. Tu te marres. Et c’est le genre de truc que tu écoutes si jamais tu n’as pas le moral, t’es sûr de rire. C’est comme une bonne chanson paillarde.

La chanson que vous aimez, mais c’est un peu la honte de l’avouer

Clémence : Get Lucky, des Daft Punk

Sacha : ça ce n’est pas la honte, c’est mainstream. Ce n’est pas qu’on l’aime ou pas. C’est juste qu’elle reste dans la tête. Tu marches 10 m le soir et tu l’entends partout.

La chanson que vous détestez par-dessus tout

Clémence : le Petit Bonhomme en Mousse. Toutes les chansons où on te donne trois notes et tu les as dans la tête. C’est impossible de les déloger. Ce sont des chansons horribles. Y’en a plein d’autres.

Mais tu ferais quand même un duo avec lui ?

Clémence : ça peut être sympa d’organiser un spectacle avec lui. Ça rassemblerait les gens, ce serait génial.

La chanson en soirée qui vous donne envie de danser

Clémence : New Order ! Blue Monday.

Sacha : le morceau de New Order,  si tu le mets dans une soirée t’es sûr que tout le monde va être à bloc. Sinon : « Cause tonight is gonna be a good night. Cause tonight is gonna be a good night… ». Sinon, Patrick Sébastien.

Le truc que vous écoutez en boucle en ce moment

Sacha : The Stranglers, Midnight Summer Dream

Clémence : j’ai beaucoup écouté Georges Moustaki, la semaine dernière. Et je viens d’apprendre qu’il est mort. C’est un artiste que j’adore. Ça me fait  de la peine. J’aurais bien aimé aller à ses funérailles. Lui rendre hommage, parce que je l’adore vraiment.

© François Guéry

S.B. et E.P.




Les premières de Grems
Publié mercredi 22 mai 2013

© E.P.

Grems ? C’est un hyperactif multidisciplinaire. Sur son cv, nous pouvons lire : rappeur, graffeur, designer, meneur de troupes dans des projets musicaux tels que PMPDJ. Ou la Fronce. Producteur sous le très discret label Grems Industry… en treize ans de musique, Grems a roulé sa bosse et a mené à bien cinq albums solo et sept en groupe. Nous l’avons trouvé en train de refaire la déco du mur derrière le Cabaret Aléatoire. Au soleil et en toute simplicité. L’allergique a tout ce qui est l’ordinaire a accepté de nous raconter ses premières.

© E.P.

Ton premier contact avec la musique

Euh… ça remonte à loin. Je ne sais plus si c’était Technotronic ou Micheal Jackson. C’est soit  Who’s bad ou Pump up the jam. Ça m’a donné envie d’aimer la musique. T’écoutes du son. Tu te racontes des histoires, tu fais des rêves parce que la musique est bien. C’est synonyme de ça, surtout.

Le premier texte de rap que tu as écrit

1998. J’avais 20 ans. Alors je suis incapable de me rappeler ce que c’était. Mais c’était du rap. Les premières armes. Premières manières d’écrire. Ça passe ou ça casse en fait. Soit t’écris et tu restes à écrire. Soit t’écris et ça te soule. Moi ça m’a fait l’inverse : « ça m’énerve de ne pas y arriver » et depuis j’ai pas lâché.

 

© Colin Ruksyo

Le premier mur que tu as graffé

1995. C’était à Bordeaux. Je crois que c’était un « Sheri ». C’était mon premier nom. C’était pas un graf à proprement dit. J’étais très timide de 95 à 99. Dans tout. C’est en 98, 99 que je me suis mis vraiment à peindre et à rapper pour de vrai.

La premiere fois que tu as rempli une salle de concert

T’en oublies tes textes. Tu vois ce qui se passe dans la tête des gens. Et tu as du mal à rester concentré. Tu vois ce que ça provoque et là tu fais : « oh meeeeerde ! ». Je ne me rappelle pas quand c’était exactement. Mais c’était assez fou. Déstabilisant, même. Ouais déstabilisant, c’est le mot. Ah, si c’était à Lyon, à la Fée verte en 2004. C’était une petite salle. Y’avait 100 personnes. Mais c’était vraiment blindé, parce qu’à la base, elle est prévue pour 80 personnes. Là, c’était la première fois que tout le monde chantait les textes par cœur. Et là, ça m’a vraiment traumatisé.

Traumatisé ? A ce point ?

C’est traumatisant quand tu fais du rap sans t’en rendre compte, c’est traumatisant.

© Djaevan

Le premier pétard que tu as fumé

Ouf ! j’avais 14 ans et c’était avec Namjad. Ça m’a fait l’effet du bedo. J’avais les yeux rouges. J’avais envie de dormir, quoi ! Puis c’est resté. Cette saloperie est restée. Mais c’est la vie ! Le bedo !

Ton premier cachet d’artiste

J’ai acheté des Jordans

Et justement, tu es fan de Jordan. A quoi ressemblait ta première paire?

C’était les Jordans 3. Je les ai acheté moi, parce que ma maman ne voulait pas m’en acheter quand j ‘étais petit. C’était trop cher pour elle. Du coup, aujourd’hui, je ne mets que des baskets. C’est infernal. Maintenant, je suis sponsorisé par Nike, depuis peu. Et je dois t’avouer que je suis content. J’ai arrêté de payer et maintenant elles ont un vrai goût ces chaussures. Je me dis : « wah, j’en suis arrivé là ». Je les regarde. Déjà t’es fier de celles où tu as mis de la sueur pour les acheter. Mais alors celles-là, t’es encore plus fier. Parce que là, c’est Nike qui te fait : « ben tiens, toi, t’es un artiste. On te kiffe. Voilà, cadeau. » Là, t’es refait !

© Djaevan

La première fois que tu t’es dis : « faut que je reste indépendant pour faire ce que j’aime »

Depuis le début. Je n’ai cru que c’était possible autrement avec le style de musique que j’ai choisi. Si tu mélanges tout, que tu fais des nouveaux trucs que les gens ne font pas, forcément, c’est risqué. C’est avant-gardiste, donc personne ne va mettre des sous pour produire ce genre de chose. Et donc, la loi « du on n'est jamais mieux servi que par soi-même » s’avère la meilleure solution. Et j’ai eu raison. Je crois hein ?

© Colin Ruksyo

Ton premier tatouage 

La cicatrice. Les deux grosses lignes que tu vois là. Direct, charcutier, une bonne pièce d’un mètre. Boum, salut les mecs !

La première fois que le rap français t’a déçu

Ben je ne sais pas. Il m’a toujours déçu. Donc moi, c’est plutôt Booba, tout ça… Ces mecs-là ne m’ont jamais vraiment déçu. Mais ici, il y a eu un âge d’or. Avec IAM et tout ça. Après y’a vraiment un groupe que j’adore, c’est Coloquinte. D’ailleurs je les ai invité lundi soir. Y’a vraiment un flow de ouf, qui est toujours présent. Et ça, j’aime beaucoup. Je ne suis pas trop rap français. Plutôt rap américain. J’écoute la mélodie, pas les paroles. De toute façon, les paroles m’affligent depuis le début en France.

© Grems

Première fois à This is (not) music

Chammé! De voir autant de monde lundi soir, ça fait plaisir. C’est cool. C’est la deuxième fois que je joue à Marseille, tout seul, en tête d’affiche. Donc à refaire. Ça peut être vraiment cool.

Propos recueillis par E.P.







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