Backflip dans un parking !
Publié mardi 21 mai 2013

Un vacarme assourdissant a retentit samedi dans les couloirs de la réserve foncière de la Friche. L'orage ? Non. Il s'agissait en réalité d'une démo de trial. Après avoir enfilé son casque, ses gants et chevauché sa moto, Julien Dupont a commencé sa démonstration sur le parking. Entre jumps et tricks improbables, il a même gratifié le public d'un backflip impressionnant. Ce grand nom du trial à une seul philosophie : "freeride partout"  !

CREDIT PHOTO : © FRANCOIS GUERY

S.B




Musique Rebelle, Round 2013
Publié jeudi 16 mai 2013

Né au sein de la Friche Belle-de-Mai, il y a six ans déjà, le projet Musique Rebelle revient pour sa 13ème édition. Depuis 2004, Ahmad Compaoré s’enferme dans La Boîte à Musique pour composer et créer de nouveaux horizons sonores. Son dada? L’improvisation. Le batteur s’amuse à mélanger les styles et les disciplines. Il joue les chefs d’orchestre, le 18 mai, sur la scène du Cabaret Aléatoire. 50 musiciens devraient le suivre à la baguette. Ou pas, justement. Rencontre avec cet OVNI musical.

 

Comment est né le projet Musique Rebelle ?

Ahmad Compaoré: En 2004, je me suis installé à La Boîte à Musique dans la Friche. Alors, j’ai commencé à créer des choses. Et puis, j’ai invité des amis à me rejoindre. On a commencé à faire des petits bœufs entre potes. C’était roots. Un peu à la bonne franquette. Et depuis, on essaie de garder cette mentalité pour s’amuser. En 2007, j'ai fondé Musique Rebelle. 

 

Maintenant qu’on connaît l’histoire, peux-tu nous dire en quoi consiste le projet ?

A.C: Mon but est de réunir les gens. De partager et vivre ensemble. Et de réapprendre à se respecter. Ce dernier point est très important à Marseille. Par l’art, il y a une issue pour tendre vers ces valeurs.

 

Musique Rebelle, ce n’est pas que du son. C’est une initiative pluridisciplinaire. Comment avez-vous fait le choix d’une telle diversité ?

A.C: C’est comme si vous étiez dans ma tête. J’ai plein d’influences depuis tout jeune. Et en grandissant ces choses-là reviennent. Se reproduisent sur scène. Métaphoriquement, bien sûr.

Je trouve que les différentes disciplines artistiques sont cloisonnées. Il n’existe pas d’événements qui rassemblent différentes disciplines comme nous essayons de faire.Il y a la danse d’un côté. La vidéo de l’autre. La musique fait les choses dans son coin. On retrouve ce constat entre les différents styles musicaux. Du coup, j’ai voulu faire se rencontrer des gens d’horizons divers. A force, nous avons développé un véritable réseau. Certains artistes se revoient après Musique Rebelle, et construisent des choses ensemble.

Faire tomber ces cloisons, c’est aussi de créer des liens entre les gens. Musique Rebelle est également un projet social.

 

En lisant la présentation de Musique Rebelle sur le site internet, vous décrivez le projet comme « un combat et une révolte ». Qu’est-ce que vous entendez par là ?

A.C: Pour être artiste, je pense qu’il faut être engagé pour une cause. Avec le temps, je me suis rendu compte que le public avait du mal à accepter ce qui sort de l'ordinaire. Je viens de l’improvisation. C’est un travail complexe à réaliser. Il faut avoir des bases solides.

Ce n’est pas seulement élitiste. C’est aussi différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre. Il faut éduquer les oreilles pour pouvoir les ouvrir à l’expérimentation. Alors, on essaie de passer par des procédés plus ludiques pour capter l’attention du public.

 

Comment vous y prenez-vous pour intriguer?

A.C: J’ai crée un langage orchestral basé su des signes et des codes. Avec des pêches, des chorus, etc… Généralement, ça fait bien rire et le public se prête au jeu.

 

Vous nous parliez de vos influences tout à l’heure. Quelles sont-elles ?

A.C: Musique Rebelle représente ma jeunesse. J’aime beaucoup Louis Amstrong, Bruce Lee, Marilyn Monroe, Mohamed Ali. Ça me représente complètement. J’étais en pleine effervescence. Et je touchais à tout. Et tout ça revient sous forme d'inspiration pour mes compositions. Par exemple, j'ai invité une boxeuse pour faire un duo avec moi.

Etant jeune, j’ai eu l’occasion de travailler avec le plus grand des guitariste : Fred Frith. C’est mon mentor. Lui, c’est de la musique improvisée avant-garde. Aujourd’hui, je le vénère et le respecte toujours autant. Il a été une véritable révélation pour moi. C’est pourquoi je continue à œuvrer dans le genre de l’improvisation.

Propos recueillis par E.P.




Mic & Rob : Expérimentations musicales et cinématographiques
Publié mercredi 15 mai 2013

Mic&Rob, plus connus sous les noms respectifs de DJ Bouto et Gully, sont deux membres moteurs du collectif La Bande Adhésive. Ils sont actuellement en résidence à La Friche afin d'offrir une série d'évènements décalés.

Sport Make You Silly (16 mai - Toit-terrasse) :

"Sports Make You Silly n'est pas un film, c'est un assemblage d'images trouvées principalement sur internet". Mic&Rob ont ainsi assemblé des centaines de séquences afin de réaliser une création audiovisuelle d'une cinquantaine de minute qui présente "la capacité insoupçonnée de l'être humain de se mettre dans des situations physiquement ridicules au nom du sport". Les sports qui y figurent sont nombreux et se croisent dans une certaine époque.

Concert Mic&Rob (17 mai - Toit-terrasse) :

Actifs depuis plusieurs années, Mic&Rob vont présenter également une création musicale sur le toit-terrasse. "Nous avons sélectionné 12 disques pour notre concert. Tous styles, tous niveaux" a expliqué Rob. La moindre scène, le moindre son, le moindre bruit, les inspirent. Une représentation expérimentale guidée par leur instinct.

Oiseaux De Nuit (17 mai - Cabaret Aléatoire) :

Mic alias DJ Bouto sera également présent sur l'événement Oiseaux De Nuit à partir de 1h au Cabaret Aléatoire. A cette occasion, il proposera un DJ set improvisé : 'La musique sera une compilation de disques que je suis en train de sélectionner". DJ Bouto a commencé la musique dès son plus jeune âge avec le piano, avant de jalonner les routes d'Europe en posant du son dans les raves-party. En 1995, il a fondé l'association La Bande Adhésive et initié diverses soirées électroniques. Aujourd'hui, il s'amuse à mélanger et modifier, tous genres musicaux confondus.

Concert Goûter (18 mai - Grandes Tables) :

Un concert goûter pour les enfants avec de la "musique primitive". En dehors de leurs activités cinématographiques, Mic&Rob aiment pratiquer l'improvisation musicale. Ainsi avec divers instruments acoustiques posés au sol, ils vont tenter de rappeler à nos chères têtes blondes "d'où nous venons, d'où nous sommes issus".

S.B




Slums, une pièce engagée
Publié mercredi 15 mai 2013

Un septième de la population mondiale vit dans les bidonvilles. Pour certains, ces gens sont à ignorer. Pour d'autres, ils pourraient changer la face du monde au XXI siècle. Thierry Bedard les met en scène dans sa pièce Slums. Du 15 au 18 juin au  Théâtre Massalia, la Cie Notoire interprète cette adaption de Planet Slum de Mike Davis

Pourriez-vous définir le titre de votre pièce de théâtre: slums?

 
C'est un terme argotique qui désigne les bidonvilles. ça induit surtout la criminalité et la saleté. 
 
Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à cette question?
 
ça fait plusieurs années que le sujet m'anime. Et plus précisément du moment où je suis allé à Maputo, Nairobi... dans l'océan indien, surtout. Pour l'instant, je ne suis jamais allé voir les immenses bidonvilles d'Amérique du Sud. J'ai un peu traîné dans les camps palestiniens, un certain moment. Quand on est confronté à une misère pareille, on se demande, comment les gens peuvent penser le monde.
 
Avez-vous eu la réponse à cette question? 
 
Simplement, il n'y a pas d'espoir. Dans la plupart de ces endroits, l'espérance de vie ne dépasse pas les 30 ans. Comment voulez-vous avoir le temps d'avoir de l'espoir ou des ambitions. En tant qu'étranger, vous arrivez. Parlez à quelqu'un et deux mois plus tard, quand vous revenez, cette personne n'est plus. Et elle n'avait pas plus de 26 ou 28 ans. Il y a vraiment quelque chose de très très dur qui se passe en vous. ça vous prend littéralement au coeur. Et vous ne pouvez pas rester insensible. 
 
Que racontez-vous dans votre pièce?
 
Raconter les bidonvilles, c'est raconter un état de terreur. Etonnamment, la pièce n'a pas ce goût-là. La structure est rythmée par de la musique rock. La musique fabrique le fait qu'on ne sombre pas dans le pathos. 
 
Pourquoi avoir choisi le rock?
 
Parce que pour moi, c'est le monde urbain par définition. Depuis le début, c'est un son de révolte. C'est lié au fait que Mike Davis était camionneur. Et que le son du rock rejoint ce monde-là. Mélanie, qui chante, a aussi ces références-là. C'est vraiment ce qui nous rapprochait le plus de l'auteur. 
 
Les slums ont plusieurs dimensions et aspects qui échappent parfois aux Occidentaux. De quel constat êtes-vous parti?
 
Je me suis toujours demandé comment plus d'un milliard de personnes qui vivent dans les slums n'ont pas encore tout fait sauter? C'est explosif, mais à l'état du monde, ce n'est pas ce qui est le plus à craindre. Le FMI, la société des nations, etc... tout ce petit monde s'intéresse à la situation. Mais personne ne le craint vraiment. Ils ne comprennent pas encore tous les mécanismes qui régissent ce monde. En revanche, le Pentagone redoute le soulèvement des slums. Les stratèges  américains sont persuadés que les conflits du siècle prochain seront des guerres urbaines, extrêmement violentes. Sur lesquelles ils ne pourront pas grand-chose. On raconte à la fin de la pièce, et c'est une histoire vraie, qu'à Bagdad, il y a un énorme bidonville dont personne ne parle jamais: Sadr City. L'armée américaine n'y est jamais entrée. Un million et demi de gens vivent là. Elle n'a même pas essayé d'entrer. Les gosses de Sadr city ont nommé l'avenue principale Vietnam Street. C'est vous dire.
 
Votre pièce est directement inspirée de Planète Bidonville de Mike Davis. Dans ce livre, il parle notamment de l'exode rural. Comment gérer un tel flux de gens qui arrivent vers les villes dans un monde où tout n'est que capitalismes et consommation?
 
J'ai travaillé sur Zygmund qui est également un sociologue. Il explique les mécanismes de retrait. Finalement, on n'a pas besoin de cette population en surplus. Il qualifie les populations des bidonvilles de "déchets humain". C'est un terme violent qu veut bien dire ce qu'il veut dire. Nous assistons à un surplus de population dans un endroit donné. Comme ces gens-là ne sont pas prévus dans le système économique de base, selon Zigmud, il n'y a pas besoin de les inclurent. De toute façon, ils n'ont pas les moyens de participer au système capitaliste. Du coup, on assiste à un véritable repli des gens sur eux-même. Et on crée une autre humanité en inactivité. C'est exactement ce qui se passe à Kin sacha. La monnaie y est tellement rare, qu'elle ne circule même plus. Les gens survivent en dehors du système économique. Les Occidentaux ont tendance à penser qu'une économie naîtra d'elle-même dans ces états dans l'état. C'est tout le contraire qui se passe, puisqu'il n'y a aucune ressource. Au Bangladesh par exemple, dans certaines villes, il n'y a plus d'eau... je vous laisse imaginer la situation pour créer une économie. 
 
Propos recueillis par E.P.
 
 
 



Calligraff'it !
Publié mardi 14 mai 2013

Dimanche, une cohue de graffeur s'est rendu à la Friche afin de participer au festival Calligraff'it. Plus d'une trentaine d'artistes ont offert une performance de graff en direct, encadré par un set de Dj Duke et de DJ Djel. Un événement qui a pour but de promouvoir l'art urbain, mais aussi de réunir les marseillais autour de cette culture. Une exposition des oeuvres réalisées sera mise à disposition ultérieurement dans une galerie à Marseille.

S.B




Major baffe
Publié lundi 13 mai 2013

Tremblez vampires, zombies et autres monstres de la nuit. Le Major Lazer affiche complet au Cabaret Aléatoire. Venu d’ailleurs, Diplo n’arrive pas pour faire le ménage. Mais bel et bien pour tout fracasser sur son passage.

« La basse était si forte, qu’on l’entendait jusqu’en Jamaïque ». Major Lazer a retourné le Cabaret Aléatoire avec un live détonnant. Nous nous sommes demandés si la scène résisterait à la frappe sonore du guerrier, tueur de zombies. Un mur d’enceintes plante le décor. Minuit passe. Les monstres nocturnes se tapissent dans l’ombre en attendant le moment fatidique. Diplo fait son entrée. Tel un conquérant, il marche sur le mur. Le public est en délire. Ajouter au tableau, deux danseuses au top de leurs formes. Et un MC/chauffeur de salle. Bouillant lui aussi. Major Lazer entre pour le combat.

Les habitants de l’Univers-Marseille explosent ! Un ballon gonflable circule dans le public.  Tout le Cabaret vibre au rythme de la basse guerrière. Le vice régie toute la prestation : sexe, argent et domination. Et c’est ce qui fait la force de Diplo. Faire appel à l’instinct primaire, dans un monde où tout n’est qu’algorithmes froids. Après avoir retiré sa chemise protocolaire, il invite les spectateurs à en faire autant. Brochette de filles en soutien-gorge au premier rang. Hurlantes, trempées et transportées de plaisir. « Get free » et la salle perd tout contrôle. Rien ne survivra au passage du Major.

Fond de commercial pour succès assuré

Dans sa playlist : Nirvana, Damian Marley, Snoop Dogg… Le producteur s’est littéralement baladé entre tous les genres musicaux. Beaucoup sont empruntés à la dance des années 90. Pas de romantisme à l’horizon. Non, non. Le Major Lazer est venu en terres marseillaises pour en mettre plein les oreilles et plein la vue. Et la charge réduit en cendre tout scepticisme. Même les écoutilles les plus fines se rendent à l’évidence.

« Free the Universe ». Diplo agite l’immense drapeau rouge depuis sa vigie intergalactique. Les surprises s’enchainent, sans laisser les âmes s’apaiser un seul instant. A la fois vivant, oppressant et même exaltant. Les corps en liesse transpirent l’énergie venue de la scène. Quand un spectateur monte sur scène torse nu, il a le droit à une lap-dance bien inspirée. S’il s’en est remis ? Lui seul le sait. La salle sent le fauve. Les pulsions sauvages se déchaînent. Il fallait au moins ça pour sauver l’Univers. Et tous ceux qui étaient présents, s'en souviendront.

 

 

© Boris Allin

E.P.







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