Les premières de Grems
Publié mercredi 22 mai 2013

© E.P.

Grems ? C’est un hyperactif multidisciplinaire. Sur son cv, nous pouvons lire : rappeur, graffeur, designer, meneur de troupes dans des projets musicaux tels que PMPDJ. Ou la Fronce. Producteur sous le très discret label Grems Industry… en treize ans de musique, Grems a roulé sa bosse et a mené à bien cinq albums solo et sept en groupe. Nous l’avons trouvé en train de refaire la déco du mur derrière le Cabaret Aléatoire. Au soleil et en toute simplicité. L’allergique a tout ce qui est l’ordinaire a accepté de nous raconter ses premières.

© E.P.

Ton premier contact avec la musique

Euh… ça remonte à loin. Je ne sais plus si c’était Technotronic ou Micheal Jackson. C’est soit  Who’s bad ou Pump up the jam. Ça m’a donné envie d’aimer la musique. T’écoutes du son. Tu te racontes des histoires, tu fais des rêves parce que la musique est bien. C’est synonyme de ça, surtout.

Le premier texte de rap que tu as écrit

1998. J’avais 20 ans. Alors je suis incapable de me rappeler ce que c’était. Mais c’était du rap. Les premières armes. Premières manières d’écrire. Ça passe ou ça casse en fait. Soit t’écris et tu restes à écrire. Soit t’écris et ça te soule. Moi ça m’a fait l’inverse : « ça m’énerve de ne pas y arriver » et depuis j’ai pas lâché.

 

© Colin Ruksyo

Le premier mur que tu as graffé

1995. C’était à Bordeaux. Je crois que c’était un « Sheri ». C’était mon premier nom. C’était pas un graf à proprement dit. J’étais très timide de 95 à 99. Dans tout. C’est en 98, 99 que je me suis mis vraiment à peindre et à rapper pour de vrai.

La premiere fois que tu as rempli une salle de concert

T’en oublies tes textes. Tu vois ce qui se passe dans la tête des gens. Et tu as du mal à rester concentré. Tu vois ce que ça provoque et là tu fais : « oh meeeeerde ! ». Je ne me rappelle pas quand c’était exactement. Mais c’était assez fou. Déstabilisant, même. Ouais déstabilisant, c’est le mot. Ah, si c’était à Lyon, à la Fée verte en 2004. C’était une petite salle. Y’avait 100 personnes. Mais c’était vraiment blindé, parce qu’à la base, elle est prévue pour 80 personnes. Là, c’était la première fois que tout le monde chantait les textes par cœur. Et là, ça m’a vraiment traumatisé.

Traumatisé ? A ce point ?

C’est traumatisant quand tu fais du rap sans t’en rendre compte, c’est traumatisant.

© Djaevan

Le premier pétard que tu as fumé

Ouf ! j’avais 14 ans et c’était avec Namjad. Ça m’a fait l’effet du bedo. J’avais les yeux rouges. J’avais envie de dormir, quoi ! Puis c’est resté. Cette saloperie est restée. Mais c’est la vie ! Le bedo !

Ton premier cachet d’artiste

J’ai acheté des Jordans

Et justement, tu es fan de Jordan. A quoi ressemblait ta première paire?

C’était les Jordans 3. Je les ai acheté moi, parce que ma maman ne voulait pas m’en acheter quand j ‘étais petit. C’était trop cher pour elle. Du coup, aujourd’hui, je ne mets que des baskets. C’est infernal. Maintenant, je suis sponsorisé par Nike, depuis peu. Et je dois t’avouer que je suis content. J’ai arrêté de payer et maintenant elles ont un vrai goût ces chaussures. Je me dis : « wah, j’en suis arrivé là ». Je les regarde. Déjà t’es fier de celles où tu as mis de la sueur pour les acheter. Mais alors celles-là, t’es encore plus fier. Parce que là, c’est Nike qui te fait : « ben tiens, toi, t’es un artiste. On te kiffe. Voilà, cadeau. » Là, t’es refait !

© Djaevan

La première fois que tu t’es dis : « faut que je reste indépendant pour faire ce que j’aime »

Depuis le début. Je n’ai cru que c’était possible autrement avec le style de musique que j’ai choisi. Si tu mélanges tout, que tu fais des nouveaux trucs que les gens ne font pas, forcément, c’est risqué. C’est avant-gardiste, donc personne ne va mettre des sous pour produire ce genre de chose. Et donc, la loi « du on n'est jamais mieux servi que par soi-même » s’avère la meilleure solution. Et j’ai eu raison. Je crois hein ?

© Colin Ruksyo

Ton premier tatouage 

La cicatrice. Les deux grosses lignes que tu vois là. Direct, charcutier, une bonne pièce d’un mètre. Boum, salut les mecs !

La première fois que le rap français t’a déçu

Ben je ne sais pas. Il m’a toujours déçu. Donc moi, c’est plutôt Booba, tout ça… Ces mecs-là ne m’ont jamais vraiment déçu. Mais ici, il y a eu un âge d’or. Avec IAM et tout ça. Après y’a vraiment un groupe que j’adore, c’est Coloquinte. D’ailleurs je les ai invité lundi soir. Y’a vraiment un flow de ouf, qui est toujours présent. Et ça, j’aime beaucoup. Je ne suis pas trop rap français. Plutôt rap américain. J’écoute la mélodie, pas les paroles. De toute façon, les paroles m’affligent depuis le début en France.

© Grems

Première fois à This is (not) music

Chammé! De voir autant de monde lundi soir, ça fait plaisir. C’est cool. C’est la deuxième fois que je joue à Marseille, tout seul, en tête d’affiche. Donc à refaire. Ça peut être vraiment cool.

Propos recueillis par E.P.




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